10/02/2014

La boîte à outils pour créer une association sans but lucratif

L’ASBL Ideji a été fondée en 1987 par quelques passionnés. Il s’agissait alors essentiellement d’un centre d’information et de documentation destiné d’abord aux jeunes. Près de 30 ans plus tard, Ideji est toujours au service de l'information et de la sensibilisation au monde associatif. Mais avec un « plus » d’importance : l’association est devenue une référence en matière de formation pour celles et ceux qui souhaitent créer ou développer une association. Interview avec Dorothée Etzenbach, directrice adjointe d’Ideji.

L’ASBL Ideji a été fondée en 1987 par quelques passionnés. Il s’agissait alors essentiellement d’un centre d’information et de documentation destiné d’abord aux jeunes. Près de 30 ans plus tard, Ideji est toujours au service de l'information et de la sensibilisation au monde associatif. Mais avec un « plus » d’importance : l’association est devenue une référence en matière de formation pour celles et ceux qui souhaitent créer ou développer une association. Interview avec Dorothée Etzenbach, directrice adjointe d’Ideji.

Comment une association spécialisée au départ dans le secteur de l'information jeunesse est-elle devenue un acteur de la formation pour ceux qui souhaitent créer ou développer une association sans but lucratif ?

Dorothée Etzenbach : « Progressivement. Au départ, c’est vrai, Ideji était centré sur le secteur de l'information jeunesse. Mais très vite, le public de l’association s’est diversifié, non seulement les jeunes, mais également les familles, les seniors, les acteurs du monde associatif. Au milieu des années 1990, l’association a commencé à être sollicitée par les acteurs du monde associatif eux-mêmes qui cherchaient des conseils en tous genres, par exemple comment créer une ASBL, etc. Il se fait qu’à l’époque, une des fondatrices d’Ideji avait une connaissance intime de ces questions, elle a donc répondu spontanément aux questions qui lui étaient posées. Puis, petit à petit, cette activité s’est développée et structurée, elle a pris de l’ampleur et, aujourd’hui, nous proposons des formations, des ateliers, de l’accompagnement aux associations déjà en place et aux personnes désireuses d’en créer. »

Quels types de formations proposez-vous ?

Dorothée Etzenbach : « Nous essayons de couvrir tout le spectre des connaissances nécessaires à la gestion d’une ASBL : les aspects légaux, la gestion financière, les ressources humaines, etc.

Il y a tout d’abord des séances de formation à la carte consacrées à des thématiques importantes pour les personnes impliquées dans une association : « Rédiger et comprendre les statuts de mon ASBL », « Le budget, outil de pilotage d’une ASBL et de ses projets », « Rédiger des mailings de collecte de fonds » … Ce sont là quelques exemples de formations que nous proposons. Elles sont conçues pour des groupes de 6 à 12 personnes et données par des spécialistes. Ces formations durent entre une demi journée et deux jours.

A côté de ces formations, nous proposons également CitizenGo, un accompagnement complet pour les personnes qui démarrent leur association. Il s’agit d’un accompagnement en groupes de 8-10 personnes pendant 3 mois. Là, on travaille sur l’idée à l’origine du projet associatif : comment sont-ils arrivés à cette idée de créer une association, comment cette idée s’inscrit-elle dans leur histoire de vie, comment l’idée peut-elle devenir projet puis association. En d’autres termes, on va analyser ensemble la faisabilité de l’idée pour qu’elle devienne projet. Le fait de travailler en groupe permet de confronter l’idée aux réactions d’une série d’autres personnes. C’est la première phase de l’accompagnement. Par la suite, ils auront accès à toute une série de séances de formation – celles que nous proposons par ailleurs à la carte. »

Cet accompagnement est-il gratuit ou payant ?

Dorothée Etzenbach : « Oui, mais le coût est très démocratique : un chercheur d’emploi qui participe à notre formation longue (1 à 2 jours par semaine pendant 3 mois) va payer 300 euros. Pour les autres, c’est 500 euros. Il va de soi que ces tarifs ne couvrent pas l’intégralité de nos coûts. La différence est couverte par les subsides qu’Ideji reçoit du cabinet de Mme Fremault, ministre en charge de l’Economie et de l’Emploi pourla Région de Bruxelles Capitale ». »

Quand vous regardez les idées, les projets, les gens qui suivent ces formations approfondies, relevez-vous des constantes, des évolutions nettes par rapport à ce qui se faisait il y a une dizaine d’années ?

Dorothée Etzenbach : « Il y a une très grande diversité d’idées et de projets dans les groupes que nous accompagnons. Cela dit, j’ai l’impression que tout ce qui est lié au développement durable ou au bio suscite pas mal d’intérêt, plus qu’avant en tout cas. Je constate aussi que nos formations suscitent de plus en plus d’intérêt. Nous avons plus de public qu’il y a quelques années. Est-ce dû à une lame de fond dans la société pour la vie associative ? Est-ce dû à la notoriété d’Ideji ? C’est difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que nos services se sont sérieusement professionnalisés ces dernières années. Côté chiffres, en 2013, 200 personnes ont participé à nos différentes formations.

Etes-vous parfois amenée à refuser l’inscription de telle ou telle personne à une de vos formations ?

Dorothée Etzenbach : « A priori, nous ne refusons personne. Il est vrai que, ces dernières années, nous rencontrons des gens qui souhaitent créer une ASBL alors que leur projet n’est pas tout à fait sans but lucratif. On voit ça surtout dans le secteur du développement personnel, les massages, le yoga, etc. Le fait qu’il s’agisse souvent de projets commerciaux est un souci, tout comme le fait qu’il s’agit généralement de projets personnels, et pas associatifs. En fait, pas mal de gens croient encore qu’il serait plus facile de créer et de gérer une ASBL plutôt que s’inscrire comme indépendant. C’est une vision fausse de la réalité. Quand on repère des projets de ce type, on en parle évidemment avec les porteurs de projets, on leur propose de s’orienter vers d’autres acteurs à Bruxelles en leur expliquant qu’il y a peut-être d’autres formes juridiques plus appropriées pour leur projet. En même temps, s’ils souhaitent vraiment suivre nos formations, nous les acceptons, en précisant bien que les modules de gestion sont totalement orientés ASBL. Parce qu’au fond, pour tout ce qui touche au développement d’un projet, en termes d’accompagnement, il n’y a pas vraiment de différence avec un projet purement commercial. » 

Est-ce que les porteurs de projets que vous avez accompagnés ont globalement réussi à lancer et surtout à pérenniser leurs projets ?

Dorothée Etzenbach : « Nous avons évidemment plus de feedback de la part des personnes que nous accompagnons sur une longue période, moins pour celles qui passent ici en formation. En gros, 50% des personnes qui ont suivi une en formation longue chez nous arrivent à créer leur ASBL. Les autres se réorientent professionnellement. Pour ceux qui réussissent, il y a souvent de belles histoires à la clé. Je pense par exemple à cette jeune femme qui a participé à la session de mars/juin 2013 : elle a lancé une ASBL de recherche de fonds pour soutenir des projets en Afrique. Elle a récolté suffisamment d’argent pour soutenir son premier projet en Afrique, elle a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux et finalement, elle été nommée la femme la plus bluffante de l’année par le magazine Flair. »

Quelles sont les motivations des gens qui s’adressent à vous quand ils souhaitent créer une association ?  Créer leur propre emploi ? Est-ce qu’on peut résumer ça comme ça ?

Dorothée Etzenbach : « Pour les personnes qui suivent CitizenGo, oui, c’est très clair. 90% des personnes qui s’adressent à nous sont chercheurs d’emploi. Il s’agit souvent de personnes qui ont déjà un parcours professionnel derrière eux, ils sont en pleine phase de réorientation, ils ont envie de changer le monde, de faire les choses un peu autrement. C’est très chouette de voir et d’accompagner ce dynamisme. Les participants aux formations à la carte, quant à eux viennent de toutes sortes de milieu : employés du secteur associatif, membres des conseils d’administration, porteurs de projets, … »

Plus d’information

Ideji ASBL
Rue au Bois 11
1150 Woluwe-Saint-Pierre
Tél.: 02 772 70 20 (de 9h à 17h)
http://www.ideji.be, - http://www.vieassociative.be/
asbl@ideji.be

Auteur/Organisation: 
impulse.brussels

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