17/06/2019

Yvan Leclercq de Nutriphys: la transmission comme leitmotiv

Yvan Leclercq de Nutriphys: la transmission comme leitmotiv

Yvan Leclercq, patron depuis le 1er janvier 2018 de Nutriphys, a concrétisé un rêve: reprendre une entreprise dans le secteur (para)pharmaceutique qui lui tient à cœur tout en privilégiant la transmission, une valeur qu’il estime fondamentale.

Pouvez-vous nous retracer le parcours qui vous a mené à la reprise de Nutriphys ?

Yvan Leclercq : J’appartiens à une famille qui a toujours baigné dans un environnement médical. J’ai une formation d’ingénieur biochimiste que j’ai complétée par un master en économie et en management des affaires, ce qui m’a amené à travailler pour l’industrie pharmaceutique, dans la recherche et le développement, puis en production et ensuite dans le secteur commercial.

J’ai eu la chance de participer à beaucoup de lancements de produits tant au niveau local que global. Il est arrivé un moment où l’idée d’avoir un business bien à moi s’est imposée comme une évidence. Mon rêve a toujours été de reprendre une entreprise, avec une préférence pour une société que le patron souhaiterait transmettre. Je me voyais en effet très bien favorisant la montée en puissance de cette société, développant de nouveaux canaux de distribution, explorant d’autres pistes dont l’export, réorganisant la partie financière ainsi que le département recherche et développement. Tout cela en restant proche du secteur pharmaceutique dans lequel j’avais plus de vingt-cinq ans d’expérience et dont je maîtrisais parfaitement les canaux de distribution.

Concrètement, comment les choses se sont-elles passées ?

Y.L. : Idéalement, ma préférence allait vers un produit/société innovant(e) qui ne soit pas redondant avec les autres marques déjà présentes sur le marché.

yvan leclercqJ’en étais là de ma réflexion lorsque je suis tombé par hasard sur un magazine dans lequel un article présentait le Hub Transmission de BECI et conseillait de contacter Erik Thiry, ce que j’ai fait sans tarder. A ma grande surprise, il m’a immédiatement brossé le portrait de deux entreprises du secteur (para)pharmaceutique qui étaient en transmission. L’une d’entre elles s’occupait de produits complètement différents, innovants et avec une composante scientifique. C’était Nutriphys.

L’origine de Nutriphys remonte à une autre société, Fang’s Food, qui importait des germes de soja de Taïwan et les mettait en culture en Belgique pour une clientèle principalement constituée de restaurants asiatiques. Mais au début des années 80, la société Fang’s Food s’est diversifiée, s’orientant vers d’autres produits de Taiwan, notamment une algue d’eau douce appelée Chlorella. Et c’est Mr Luciano Zapico Garcia qui s’est intéressé à cette micro-algue d’eau douce qui pousse dans des zones tropicales et qui -chose très intéressante- possède de nombreuses similitudes avec les cellules humaines. Sa capacité à régénérer les cellules et à détoxifier les métaux lourds a été prouvée par plusieurs études cliniques. La matière première impossible à développer valablement sous nos latitudes est produite sous étroite surveillance à Taïwan puis acheminée en Belgique par bateau. Après contrôle d’échantillons prélevés sur la cargaison, les algues sont acheminées vers les usines qui les transforment en comprimés ou les amalgament à d’autres oligo-éléments afin de créer des compléments alimentaires tout à fait originaux et très efficaces. Voilà qui ne pouvait que m’intéresser.

Le contact avec Monsieur Zapico Garcia a été excellent, ce qui a grandement facilité les discussions et a même contribué à aplanir certains non-dits qui sont apparus lors de la reprise. Nous sommes d’ailleurs toujours en contact et Monsieur Zapico Garcia s’intéresse beaucoup à l’évolution de Nutriphys encore aujourd’hui.

Est-ce à dire que la reprise de Nutriphys vous a réservé quelques surprises ?

Y.L. : Effectivement. Mais il est vrai aussi que j’en étais à ma première reprise d’entreprise et que j’avançais donc un peu au jugé. J’ai par exemple découvert que la comptabilité n’était pas informatisée et que cela serait plus compliqué. J’ai aussi été désagréablement surpris par certains coûts, dont les honoraires demandés par les avocats pour un simple acte de cession.

A cette époque, j’aurais apprécié de pouvoir disposer des conseils d’un spécialiste de la finance ou des explications d’un juriste pour m’aider à gérer l’ensemble de la problématique de la reprise. Le Hub Transmission propose une liste de prestataires mais sans feedback sur leur mode de fonctionnement ou les tarifs pratiqués. Ceci dit, sans le Hub Transmission, je n’aurais jamais pu concrétiser le rêve de ma vie et avec le recul, il s’avère qu’à cinquante ans et fort de mon expérience professionnelle antérieure, je m’en suis très bien sorti tout seul.

Combien de temps tout cela a-t-il pris ?

Y.L. : La première discussion a eu lieu en avril 2017 et s’est poursuivie jusqu’à la fin du mois de juin. A ce moment, j’étais encore en concurrence avec d’autres sociétés, même d’autres sociétés pharmaceutiques. Monsieur Zapico Garcia a pris le temps d’analyser toutes les candidatures. Il a été séduit par le business plan très détaillé à cinq ans que j’avais été le seul à lui soumettre. On a signé une lettre d’intention dès le mois de septembre 2017 et le contrat à la fin du mois de décembre 2017. J’ai commencé mes activités le 1er janvier 2018, une date symbolique comme je le désirais.

Et comment voyez-vous l’avenir ?

Y.L. : Nous sommes actuellement présents en Belgique, en France, en Suisse, en Espagne et au Portugal. Nous avons récemment enregistré quelques premières commandes du Canada et des USA et nous prospectons deux nouveaux marchés: la Pologne et les Emirats Arabes Unis. Nous avons reçu un accueil enthousiaste au récent salon Vitafoods de Genève qui attire 25.000 professionnels du monde entier. Je suis donc très confiant dans la pérennité de l’entreprise. L’idée de la transmission est importante pour moi. L’une de mes filles termine ses études d’infirmière et l’autre qui va commencer des études de médecine vétérinaire. Si tout se passe bien, je serais ravi qu’elles reprennent le flambeau. Mais ce sera à elles de prendre la décision.

Le bilan est donc positif ?

Y.L. : C’est vraiment une très belle expérience, une aventure extraordinaire que je regrette de ne pas avoir initiée plus tôt.  J’en arrive même à me demander s’il n’y a pas une autre entreprise à racheter. Une petite entreprise comme Nutriphys doit lutter pour survivre ou accepter l’idée de se faire manger. Aujourd’hui, elle marche bien mais je voudrais voir ce qu’il y a moyen de faire pour aller encore plus loin.

A la lumière de cette reprise jusqu’ici très réussie, quels conseils donneriez-vous à un aspirant repreneur ?

Y.L. : En plus des coûts liés à la reprise, il ne faut pas non plus sous-estimer ceux engendrés par la relance de l’activité : il faut assumer financièrement ses nouvelles aspirations, sa vision propre, ses engagement. On ne se rend pas compte non plus du temps qu’une telle opération prend et du stress qu’elle engendre, des nuits excitantes mais affreuses, des réveils à 4 heures du matin, des moments où l’on se dit qu’on arrête tout. C’est épuisant et parfois difficile à gérer. Heureusement, les choses se normalisent petit à petit.

C’est pourquoi je ne conseillerai jamais assez à ceux qui sont tentés par la transmission de soigneusement soupeser le pour et contre et de bien s’entourer avant de se lancer.

Je crois beaucoup par exemple au principe du « mentorship »: partager son expérience autour d’un café ne coûte qu’un peu de temps et est tellement précieux pour l’apprenti repreneur, surtout lorsqu’on est soi-même passé par là.

Il est aussi important de se créer un réseau, un irremplaçable outil d’entraide qui, d’après ce que mes contacts professionnels m’ont appris, est plus développé en Flandre qu’ailleurs en Belgique. 

Enfin, sur le plan privé, je voudrais souligner l’importance d’un(e)  partenaire qui vive réellement l’aventure, qui pense, qui participe, qui apporte sa pierre à l’édifice, quelqu’un en qui on a toute confiance. C’est important dans les moments de doute.

Article rédigé par Catherine Aerts

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